COMMENT ?

Appel à formuler des questions catalytiques

Il est urgent d’accroître la pertinence et l’opportunité de la recherche sur les problèmes les plus graves de la société. Chercheurs et bailleurs de fonds doivent relever ces défis. Nous lançons un Appel à formuler des questions catalytiques pour accélérer un programme de recherche tourné vers l’avenir indiquant dans quelle direction le domaine de la recherche interventionnelle en santé des populations (RISP) devrait aller ensuite. Les questions seront débattues et perfectionnées au Sommet du jeudi 28 avril afin de déclencher la poursuite de la recherche à venir et d’éclairer les priorités futures du financement de la recherche au Canada ou à l’étranger. Les questions finales devraient être incluses dans les produits de diffusion découlant du Sommet qui seront distribués aux chercheurs, aux décideurs et aux bailleurs de fonds de recherche.

Date limite pour les questions : le lundi 29 février 2016.

Qu’est-ce qu’une question catalytique?

Les questions catalytiques visent à désorganiser ou à transformer le système de pensée actuel et à stimuler l’innovation. Quand des questions doivent servir de catalyseurs pour stimuler des solutions, ces questions doivent être tournées vers l’avenir, contester les idées reçues et les aborder de façon créative. Il ne faut pas ressasser les mêmes questions; celles-ci doivent aller au-delà du statu quo et en bout de ligne mener à de meilleures solutions pour résoudre les problèmes.

Éléments à considérer dans la formulation d’une question catalytique :

  • Les mesures qui peuvent être prises, ou abolies, pour améliorer la santé et l’équité en santé pour l’ensemble de la population;
  • L’impact possible sur la santé des Canadiens et/ou de populations mondiales;
  • Le champ complet de la recherche interventionnelle en santé des populations – de la façon dont nous formulons les problèmes et leurs solutions aux théories et aux méthodes que nous utilisons pour les étudier;
  • Les conséquences possibles sur les efforts futurs dans les milieux de la recherche, des politiques et/ou de la pratique.

Que vous soyez chercheur, responsable des politiques, praticien ou citoyen du Canada ou d’ailleurs, nous vous invitons à soumettre les questions qui vous interpellent le plus. Elles peuvent porter sur un ou plusieurs des six thèmes du Sommet ou sur d’autres lacunes à combler.

Thèmes du sommet

« Dans l’arène » : Prévention par rapport au traitement
Vaut-il vraiment mieux prévenir que guérir?

Les responsables des politiques s’inquiètent du renouvellement et de la pérennité de notre système de soins de santé. La recherche en santé des populations peut être une source de données probantes sur des solutions innovantes, équitables, et d’un rapport coût efficacité avantageux pour prévenir la maladie et l’invalidité. Toutefois, nous devons comparer les avantages et les coûts d’interventions en amont par rapport aux avantages et coûts en aval pour répondre à la question : Vaut-il vraiment mieux prévenir que guérir?

Aller au delà des solutions du secteur de la santé
Comment pouvons nous harmoniser et combiner de manière optimale les interventions du secteur de la santé publique et d’autres secteurs pour améliorer la santé des populations, et quel rôle devrait jouer le secteur de la santé dans l’action intersectorielle?

Les défis contemporains en santé ne peuvent être résolus une personne, un secteur ou une intervention à la fois. Un fardeau croissant de maladie chronique et la dégradation de l’environnement sont des exemples de problèmes qui exigent une action concertée qui n’est pas limitée au secteur de la santé (p. ex. politiques de transport pour réduire les blessures et accroître l’activité physique; éducation de la petite enfance de qualité pour un développement sain). Nous devons dépasser la rhétorique des appels à l’action intersectorielle pour répondre à la question : Comment pouvons-nous harmoniser et combiner de manière optimale les interventions du secteur de la santé publique et d’autres secteurs pour améliorer la santé des populations, et quel rôle devrait jouer le secteur de la santé dans l’action intersectorielle?

Au delà de la « nounoucratie » et du « coup de pouce »
Comment démontrer que l’amélioration de la santé des populations exige une action « en amont »?

Les sociétés continuent d’investir considérablement dans des solutions miracles et centrées sur l’individu à des problèmes de santé publique complexes. Certaines administrations hésitent à apporter des changements structurels pour que des politiques plus en amont favorisent des interventions comportementales, et bien que les gouvernements aient un rôle à jouer dans l’amélioration de la santé des populations, les actions d’envergure donnent souvent lieu à des accusations de « nounoucratie ». D’autres approches ont consisté à donner aux populations le coup de pouce nécessaire pour qu’elles prennent de meilleures décisions pour la santé. De plus, des réseaux d’acteurs et de coalitions agissant à plusieurs niveaux ou au sein de diverses administrations peuvent jouer un rôle dans l’élaboration de ces politiques; leurs actions peuvent être facilitées par des processus et structures de gouvernance. Nous avons besoin de données probantes pour répondre à la question : Comment démontrer que l’amélioration de la santé des populations exige une action « en amont »?

Le bon, le mauvais et le laid
Quelles sont les conséquences non voulues des politiques et des programmes de santé des populations?

La recherche dans de nombreux pays met en évidence des inégalités persistantes, quoiqu’évitables, dans la santé et l’accès aux ressources de santé. Alors que nous sommes à la recherche de solutions plus innovantes, équitables, éthiques et efficaces pour la santé des populations, nous devons considérer quelles populations sont incluses et exclues, et lesquelles seront favorisées ou défavorisées. Nous devons tirer des leçons des réussites et des échecs antérieurs pour répondre à la question : Quelles sont les conséquences non voulues des politiques et des programmes de santé des populations?

Le contexte compte
Quelles sont les caractéristiques du ou des contextes les plus importantes à comprendre et à mesurer – pourquoi et comment?

S’attaquer aux racines profondes des inégalités exige de nouvelles approches pour voir comment les contextes historiques, contemporains et dynamiques recoupent les interventions en santé des populations pour influer sur la santé et l’équité en matière de santé. Au lieu de tenir compte des particularités du contexte, nous devons générer des données probantes pour répondre à la question : Quelles sont les caractéristiques du ou des contextes les plus importantes à comprendre et à mesurer – pourquoi et comment?

Augmentation ou diminution d’échelle
Pourquoi certains programmes et certaines politiques de santé publique sont ils portés à grande échelle, et d’autres, non?

Il existe des exemples d’interventions innovantes et efficaces en santé des populations qui n’ont pas été portées à grande échelle (parfois à la faveur de politiques et de programmes moins efficaces), et d’autres, comme la fluoration de l’eau, qui sont en train d’être réduites. Bien que le Canada et d’autres gouvernements aient intervenu à grande échelle en santé des populations, on peut en savoir moins sur l’équité, le coût ou la durabilité d’une augmentation d’échelle. Nous avons besoin de données probantes pour répondre à la question : Pourquoi certains programmes et certaines politiques de santé publique sont-ils portés à grande échelle, et d’autres, non?

Les questions catalytiques

Les questions catalytiques soumises sont examinées par les hauts fonctionnaires de l’Institut de la santé publique et des populations des IRSC et par un comité de spécialistes internationaux pour générer une liste de questions finales. Les questions seront mises aux voix bientôt, et les plus populaires seront peaufinées le jeudi 28 avril avec les participants du Sommet. Lors d’une discussion dirigée, les participants décideront des questions catalytiques finales qui viendront éclairer l’avenir de la recherche interventionnelle en santé des populations.

Les questions finales devraient être incluses dans les produits de diffusion découlant du Sommet qui seront distribués aux chercheurs, aux décideurs et aux bailleurs de fonds de recherche. Ces questions finales seront aussi présentées durant les séances de deux conférences à venir sur la santé publique et des populations : celle de l’Union internationale de promotion de la santé et d’éducation pour la santé et la conférence annuelle de l’ACSP, Santé publique 2016.

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Date limite : 15 avril 2016